Performance ! Résultat !

Et juste pour le plaisir c’est possible ? Non?

Compétition! Compétition!  Nos mômes ont suffisamment de pression sur les épaules. Au quotidien avec l’école, on attend beaucoup d’eux. Les devoirs, les contrôles, les notes, encore les devoirs. Les classements, les comparaisons avec les autres enfants. A ça, s’ajoute l’angoisse des relevés de notes et des passages en classe supérieure. Même pour les enfants qui travaillent sérieusement le doute et là, la fatigue aussi et parfois le découragement. Il y a toujours et encore la pression.
Comme beaucoup d’enfants de leur âge, Ugo et Jules sont inscrits à des activités extra scolaires pour justement lâcher cette pression. Apprendre autre chose, se défouler physiquement et s’éclater. Et aussi faire des découvertes, s’enrichir intellectuellement  et avec plaisir. Sortir du cadre scolaire et oublier cette ambiance plombante de course à la bonne note.

Voilà pourquoi Ugo et Jules sont inscrits à, l’escrime pour Ugo et au centre équestre pour Jules. Ils ont également suivi des cours de Djembé et Capoeira il y a quelques temps.Tout ça suivant leur choix bien sur. Cela fait maintenant 8 ans que Ugo croise le fer chaque semaine à son club d’escrime. Il aime beaucoup son club et son Maître d’armes. Petit il s’identifiait au Capitaine Crocher, c’était donc une évidence pour lui de pratiquer l’escrime. Cette discipline est bien plus qu’un sport de combat c’est aussi très complexe, rien que l’échauffement fait travailler le corps entier. Elle implique le respect de l’autre, le contrôle de soi. C’est un sport noble et élégant. On y développe un grand nombre de qualités non seulement physiques comme la rapidité,mais aussi intellectuelles comme la concentration, la stratégie. Ce qui est sympa avec ce sport fait pour tous les âges est de voir les tous petits avec leur gros masque combattre avec leur épée en mousse.

Ugo, Jules et les copains pleine démonstration place de la Bourse.Escrime. Place de la Bourse. Paris pour les Enfants (1)©Sabrina Penniello.

Pti corps grosse tête. Escrime©Sabrina Penniello.

Jules a aussi pratiqué l’escrime quelques années, avant de passer à l’équitation.  Il a arrêté ce sport, il en avait marre justement de cette course au Blason.

Jules escrime.©Sabrina Penniello.

Jules escrime©Sabrina Penniello.

Aujourd’hui il monte à cheval, enfin il apprend. A chaque reprise il est heureux de se rendre à son club équestre du moins tant qu’il n’est pas question de galop à passer. Il apprend vite, il adore acquérir les nouvelles techniques et surmonter les défis comme partir au trot les mains sur la tête. Espèce de cow-boy va !   Mais le plus important pour lui est cette relation qu’il vit avec l’animal. Une complicité réciproque et un véritable respect mutuel s’instaure entre lui et son cheval. Ça va au delà d’un cours de sport. L’enfant ou l’adulte a confiance en l’animal qui lui rend bien.

Jules équitation ©Sabrina Penniello.

Jules équitation©Sabrina Penniello.

Ils dorment tous les deux, complices j’vous dis.Jules équitation©Sabrina Penniello.

Jules équitation©Sabrina Penniello.

Pour toutes ces raisons, pratiquer une activité extra scolaire, sport, musique, art est vraiment bénéfique, et indispensable. Ce qui vient entacher ces belles expériences ce sont les concours et les compétitions plus ou moins imposés. Entre les passages de blasons, de galops, les coupes, les médailles, les challenges; là parfois le plaisir s’évapore. On s’est vu passer des soirées entières à réviser la théorie des blasons. Ben oui quand ton gamin passe l’examen il faut qu’il le réussisse non ? Et bien plus jamais ! Ce n’est pas ça pratiquer une activité avec plaisir. Autant aller à l’école et faire des contrôles et interro. La première fois que Ugo a participé à un challenge d’escrime, le p’ti père avait 8 ans et s’est retrouvé face à une gamine de 14 ans qui lui a juste mis une raclée et surtout bousillé le bras. Le pauvre avait tellement la pression qu’il a craqué et est allé pleurer dans un coin de la salle. Euh…c’est donc ça participer à un concours ? Où est le plaisir ? Où est le fun de tenter de décrocher une petite médaille,mais surtout de s’amuser ?

©Sabrina Penniello.

©Sabrina Penniello.

©Sabrina Penniello.

©Sabrina Penniello.

Lorsque Ugo a passé son premier blason il avait 6 ans. Le jour J arrive, à peine on met un pied en salle d’armes qu’une nana nous met la pression graaaave !

– » C’est jour de blasons! »  – » Les enfants passent leur blason ! »
-« Oui ok on sait et alors ? »
– » Les enfants ont bien révisé ? Parce que c’est blason aujourd’hui ! »

Mon dieu c’est blason aujourd’hui!©Sabrina Penniello.

Nan mais ça faisait un mois que Ugo révisait son satané blason, un mois que ses gentils et attentifs parents le rassuraient et dédramatisaient. Cette conne nous a plombé tout notre travail, j’y croyais pas. Mais le pire à été lorsque les enfants sont sortis de la salle d’audience d’armes. Je vois Ugo le visage pâle qui me demande:

-« Si je n’ai pas mon blason qu’est ce que tu vas me faire dire? »
-« Ben rien, même si tu ne l’a pas, tu as le droit de prendre ton goûter tu sais. »

En espérant que mon gamin soit soulagé d’une angoisse qui le tourmentait, je lui explique qu’il n’y a aucune crainte à avoir. Les Blasons et les compétitions on s’en fiche. Qu’il pratique l’escrime pour le plaisir point ! Et là j’assiste à une scène surréaliste. Une connasse maman accompagnée de sa petite fille demande à son fils un poil plus grand peut être 7 ans si il a réussi L’ÉPREUVE. Le petit en question lui répond ne pas savoir. On voit le visage de la nana déjà crispé à la base, se métamorphoser, changer de couleur.

-« Mais alors tu l’as eu ce Blason ? »
-« Je ne sais pas, mon Maître D’armes ne me l’a pas donné. »
-« Non mais qu’est ce que t’as foutu? Pourquoi tu l’as pas eu hein? Tu m’énerves, j’en ai marre de toi! »

Pendant ce temps la petite sœur tentait en vain d’expliquer une chose à sa mère qui ne l’écoutait pas, qui n’écoutait aucun de ses deux enfants. Elle hurlait sur son gosse parce qu’il n’avait pas décroché le sacro-saint Blason. Nous étions en février, il faisait très froid. Elle est sortie en rabrouant ses enfants en les poussant vers l’extérieur pour quitter la salle de sport.  Sans donner le temps à son petit garçon de se changer ni même de mettre un manteau. Elle était à coup sur honteuse. Ouais cette connasse avait honte de son petit gamin. Parce que la honte quoi il n’a pas eu son blason. Il va falloir affronter les mégères, les copines du square et leur avouer. Ou encore longer les murs un certain temps. Le temps que les autres, notamment les mamans modèles n’y pensent plus. Si elle avait au moins écouté son fils, elle aurait compris que les résultats ne sont pas donnés le jour même mais au cours suivant. Si elle avait au moins écouté sa fille, elle aurait ressorti sa jupe coincée dans son collant (une sortie de chiottes certainement) et aurait eu l’air un peu moins conne…

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