The Color Line.

C’est à l’occasion du premier Before  de la saison que nous avons découvert cette magnifique expo.

The Color Line  Les artistes africains-américains et la ségrégation.

©Sabrina Penniello.
©Sabrina Penniello.

Cette exposition est visible au Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Une expo riche et lourde en émotions. Elle rend hommage aux artistes et penseurs africains-américains ceux là même  qui à travers leurs œuvres ont contribué, durant près d’un siècle et demi de luttes, de souffrances, d’humiliations mais aussi d’espoir  à effacer cette « ligne de couleur » infâme et discriminatoire.

Que signifie au juste The Color Line ? On traduit ce terme par « Ligne de couleur » ce qui signifie ligne de démarcation, en un mot ségrégation.
Sont évoqués des artistes, et des intellectuels  qui à travers leurs créations ou leurs prises de positions se sont exprimés avec en toile de fond ce contexte social politique et raciste qui continue d’asphyxier le peuple noir malgré l’abolition de l’esclavage.

Cette création est de David Drake dit Dave the potter. Pot en argile, canne en bois et bouquet de coton.

©Sabrina Penniello.
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David Drake était esclave et potier dans une plantation de Caroline du sud. Il est considéré comme l’un des premiers artistes africains-américains. Alors que les esclaves étaient cantonnés à l’illettrisme par leurs propriétaires Drake signait ses créations. Sur certains pots on peut lire « This noble jar will hold 20 fillit whith silver then you’ll have plenty ». [Ce noble pot peut en contenir 20, remplissez le d’argent et il vous le rendra bien]

©Sabrina Penniello.
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Les artistes qui étaient les victimes majeures des discriminations, de cette ligne de la honte, étaient en leur temps marginaux. Souvent occultés, par les différents musées  cette exposition est l’occasion de leur rendre hommage.  Tout y est, peinture, littérature, musique, cinéma, sculpture, photographie à travers une grande variété d’œuvres, et des artistes qui ont résisté, milité et pour certains se sont révoltés.

©Sabrina Penniello.
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Lorsque l’on sait que ces discriminations qui très souvent aboutissaient au meurtre, et au lynchage se produisaient il y a moins d’un siècle dans le pays de la liberté on ne peut qu’être révolté.

U.N.I.A Flag. Ce superbe drapeau américain aux couleurs de l’Afrique signé David Hammons nous ouvre en quelques sortes les portes de l’exposition.

©Sabrina Penniello.
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D’après les historiens américains on considère que la ségrégation débute en 1877 avec les lois dites de Jim Crow. Lois mises en place à la fin des douze années de la période de Reconstitution. Il faudra attendre près d’un siècle 1964 pour que ces lois racistes soient abolies par Lyndon B.Johnson qui promulgua le Civil Rights Act.

Explications rapides et chronologiques.
Après la guerre de Sécession qui apporte l’abolition de l’esclavage s’ouvre la période de Reconstitution.
Assassinat d’Abraham Lincoln en avril 1865.
Andrew Johnson lui succède.
Etats du Sud, gouvernements contrôlés par les blancs qui promulguent des « Codes noirs ».
Les esclaves sont affranchis mais restent noirs.
« Les codes noirs » n’est rien d’autre qu’une servitude maquillée. Des lois qui refusent aux anciens esclaves tous droits civiques et politiques.
Le Gouvernement fédéral va tenter malgré le véto de Andrew Johnson de protéger l’égalité pour tous avec le Civil Right acts de 1866.
C’est hallucinant de constater que ce Civil Rights déclare Tous les individus nés au Etats-Unis citoyens du pays à l’exception des …Indiens. (c’est vrai ceux là on les a parqués).

©Sabrina Penniello.
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La ségrégation  est partout.
Mariages mixtes interdits, interdictions totales de l’immigration noire dans certains états, une infirmière blanche à le droit de refuser de soigner un Noir, lieux de vie séparés (toilettes, bus, restaurants, prison, école…).

©Sabrina Penniello.
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Elle se donnent même en spectacle. Ce racisme outrancier est véhiculé sur scènes par ces ignobles connards artistes blancs grimés en Noirs pour les ridiculiser. Grosses lèvres,  gros nez, le Noir est représenté par ce personnage naïf, toujours souriant, heureux de sa condition et qui passe son temps à danser. Ces personnages se nomment Aunt Jemina, Jim Crow (qui a donné son nom aux lois ségrégationnistes) ou encore Zip Coon. Coon comme raton-laveur nom péjoratif pour désigner les Noirs.Le spectacle Blackface est né.

©Sabrina Penniello.
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Des comédiens noirs vont à leur tour se grimer en …Noirs pour parodier les blancs qui imitent les noirs. Vous me suivez ? Comme Bert Williams un artiste noir un vrai (véritable artiste et vrai noir). Il va s’approrier ce personnage de Blackface, faisant ainsi une opposition tragique entre le noir du maquillage et le noir de sa peau.

©Sabrina Penniello.
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Arrive ensuite les intellectuels tels que Booker T Washington et W.E.B. Du Bois

©Sabrina Penniello.
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Les deux guerres mondiales n’ont pas épargnés les Noirs. En 14/18 c’est 200 000 soldats noirs qui se retrouveront embarqués sous la bannière étoilée. Leurs uniformes ne les préserveront pas de la ségrégation.

©Sabrina Penniello.
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C’est par ailleurs en 1914 qu’est réalisé le navet film The Birth oh the Nation. Une éloge à la ségrégation, ce film a par ailleurs élevé le Ku Klux Klan au rang de héro.

©Sabrina Penniello.
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On parle des lynchages dont la période s’étend de 1880 et 1980? A cette occasion plusieurs milliers de noirs ont été massacrés. Ces lynchages étaient parfois annoncés par les journaux. Une partie de l’expo l’évoque, attention aux âmes sensibles. On entend le tristement célèbre Strange Fruit de Billie Holiday. Ces fruits étranges qui se balancent aux branches des peupliers du Sud.

©Sabrina Penniello.
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Sont également évoqués les visages bien connus tels que Martin Luter King, Rosa Parks et tant d’autres.

©Sabrina Penniello
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The Problem We All Live With. Ce  tableau de Norman Rockwell est tout un symbole. Il représente cette jeune écolière de six ans Ruby Bridges première enfant noire à intégrer une école pour blancs. L’opposition d’une foule de racistes fut si virulente qu’une protection lui a été nécessaire. Les officiers de polices locaux ayant refusé ce sont des agents fédéraux qui l’ont escortée sur le chemin de l’école. Ce tableau qui est habituellement au musée se trouve à la Maison Blanche à la demande d’Obama jusqu’à la fin de son mandat.

©Sabrina Penniello
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C’est une très belle exposition et c’est jusqu’au 15 janvier 2017.
Je souhaite terminer en musique, avec un méga coup de cœur.  Betty Bonifassi est une chanteuse québécoise que j’ai découvert en concert il y a quelques jours au Divan du Monde. Elle interprète des chants d’esclaves et c’est tout simplement grandiose.

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4 commentaires

  1. Quel bel article! !!! Qui me parle d’autant plus que cela me rappelle les histoires que le racontait ma grande tante qui avait émigré aux États Unis à l’époque où la ségrégation sévissait encore…
    Merci Sabrina ! 😘😘😘

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