Buenos Aires ou le Paris d´Amérique du Sud

Une fois n’est pas coutume, nous partons à la découverte de Buenos Aires, aussi surnommée la Paris d´Amérique du Sud (évidemment, Paris n’est jamais très loin ici). Mais pourquoi un tel surnom ? C’est ce que nous allons découvrir…

1)   Immigration Française en Argentine

Il faut savoir qu’il y a eu une forte immigration européenne, et notamment française, en Argentine. La présence française a débuté au début du XIXe siècle, quand les premiers artistes français ont débarqué du vieux continent, peu après l’indépendance du pays. Il y eut un fort développement des maisons d’édition et des publications, la littérature française ayant le vent en poupe. En 1854, les français représentent le groupe majoritaire, avant la vague d’immigration qui suivra, de 1857 aux années folles. En 1880, la présence de nos compatriotes atteint un pic, une personne sur 10 étant française dans le pays. Ces immigrés, ameutés par des « racoleurs » envoyés des agences d’immigration, provenaient de régions pauvres comme la Savoie, le Béarn, l’Aveyron, le Pays Basque ou encore des bas-fonds de la région parisienne. En 1914, les femmes immigrées sont plus nombreuses que les hommes, cas exceptionnel qui ne concerne que la France. Elles travaillent comme institutrices, blanchisseuses voire prostituées, comme en témoignent les chansons de Tango sur la Francesita. Les français apportèrent avec eux un savoir-faire certain, qui leur permit de s’implanter dans les régions agricoles et y développer le vin, entre-autres. Ce qu’il reste de cette présence aujourd´hui, c’est le droit civil argentin, directement inspiré du code Napoléonien, le système éducatif similaire au système français, et surtout dix présidents argentins furent des enfants d’immigrés français.

2)   Architecture

Si vous êtes déjà venus à Buenos Aires, vous savez de quoi on parle… En effet, un grand nombre de bâtiments sont directement inspirés de l’architecture Haussmannienne que l’on connaît bien ! Il faut comprendre qu’à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l’Argentine était un pays en pleine expansion économique, et l’un des plus riches de son temps. Alors il fallait retrouver là-bas tout ce que l’on fait de mieux sur cette planète. Et où se trouvait le meilleur ? À Paris, en France. De nombreux architectes français sont intervenus dans la réalisation de bâtiments. Le quartier de Recoleta compte une forte concentration de ces immeubles. Tour d’horizon des monuments à ne pas manquer :

  • Le musée des Arts décoratifs: déclaré monument Artistique Historique il y a 20 ans, a pour autre nom le Palacio Errázuriz. Ce nom vient du diplomate chilien qui en fit la commande, en prévision de son retour d’Europe. Il eut recours aux services de l’architecte français René Sergent, qui a réalisé le musée Camondo à Paris. Pour ce nouveau chantier, il puisa son inspiration au ministère de la Marine en France pour l’une des façades, et du petit Trianon Versaillais pour l’autre. Construit en 1911, il symbolise le chic français du point de vue Argentin en ce début de siècle. Boiseries, marbre, ferronneries, ardoises,  miroirs et mobilier, la plupart de ces pièces sont directement importées de France, et les salles arborent différents styles, Louis XVI, Tudor, baroque, rococo, empire, art déco ou portugais.
  • L’ambassade de France: ou Palais Ortiz-Basualdo. Cet édifice fut lui aussi commandité par un couple de la haute-société de Buenos aires, qui voyageait beaucoup entre Paris et Buenos Aires. Ils firent appel à l’architecte Français Paul Pater, et les travaux commencèrent en 1912. Le résultat dévoile un bâtiment empreint de style Louis XV, de décorations asiatiques et de créations anglaises. A l’intérieur on retrouve boiseries et pièces en marbre.
  • Palais des glaces : construit en 1911 dans un style belle-époque, en suivant le modèle du théâtre du rond-point, il s’agissait à l’origine d’une patinoire pour un club de la haute-bourgeoisie. Une dizaine d’années plus tard, le lieu fut reconverti en piste de Tango. Aujourd´hui centre d’exposition, il est monument historique depuis 2004. Une mezzanine a été ajoutée suite à une rénovation entre 1979 et 1982.

3)   Personnalités

Vous l’aurez compris, la France et l’Argentine, c’est une belle histoire d’amour. Outre les 350 000 anonymes qui ont rallié le pays lors des grandes vagues migratoires, plusieurs confrères français ont brillé sur le continent Sud-Américain. De plus, certaines figures argentines entretenaient des liens étroits avec notre pays. Cette histoire remonte assez loin, d’ailleurs.

  • Jacques de Liniers: autrement connu sous le nom de Santiago de Liniers y Bremond, ce militaire français s’est dévoué au royaume d’Espagne en 1774, après un parcours dans les armes en France. Grâce à ses nombreux faits d’armes notamment pendant la guerre d’indépendance américaine, il se voit confier le commandement du Rio de la Plata par la couronne Espagnole en 1788. Arrivé à Buenos Aires, il se marie en 1791 avec la fille d’une des plus riches familles de la cité. Un peu délaissé par l’Espagne, c’est en 1806 que celle-ci lui demande de défendre les côtes argentines de l’invasion anglaise imminente. Les britanniques envahissent Buenos Aires, mais Liniers les renvoie hors de la ville. Quand les britanniques reviennent à la charge six mois après, avec deux anglais pour un espagnol, Liniers les attend de pied ferme et les repousse une fois encore. Suite à cela il est nomé vice-roi de la Plata, puis sera écarté de la fonction quand les citoyens le suspecteront d’accointances avec Napoléon, qui occupe l’Espagne. Puis l’indépendance se faisant, il restera fidèle à la couronne espagnole et devra fuir, avant dêtre capturé et fusillé à Mendoza.
  • Carlos Thays: si Buenos Aires est assimilée à Paris, c’est sans conteste en grande partie grâce à lui. Jule Charles Thays fut en effet le paysagiste qui a contribué à la végétalisation des espaces de la cité. Né à Paris en 1845, il fait ses premiers pas en Argentine en 1889 sur le chantier du parc Sarmiento de Cordoba. Sous le charme du pays, il recense les espèces florales dans l’espoir de les adapter à la ville. Nommé directeur des allées et des parcs de Buenos Aires en 1891, il y fait planter plus de 150 000 arbres le long des rues et sur les places publiques et crée de nombreux parcs comme le bois de Palermo ou le parc du centenario. Il réalise surtout le jardin botanique de Buenos Aires, ouvert en 1897 mais dont l’espace lui fut confié dès 1892. Il put ainsi y mener ses expérimentations d’adaptation des plantes. Aujourd’hui, on compte plus de 5 500 espèces végétales dans ce jardin qui a gardé son allure Belle-Epoque. En plus de sa participation à l’aménagement de nombreuses villes argentines et Uruguayennes, c’est aussi lui l’instigateur du parc national des chutes d’Iguazú, cascades époustouflantes à contempler à la frontière du Brésil et de l’Argentine.
  • Julio Cortázar : écrivain né à Bruxelles d’une famille de diplomates portègnes, ce n’est qu’en 1918 qu’il arrive à Buenos Aires. Il se plonge dans la lecture après que son père l’eut abandonné, et devient enseignant à Mendoza. Il lutte contre le Péronisme, et part s’exiler à Paris quand Perón arrive au pouvoir. Il devient traducteur à l’UNESCO, et s’acclimate si bien à Paris qu’il écrit même «  Peut-être au fond, je cherche à rester à Paris ». En 1964, son œuvre « la Marelle » fera l’effet d’une bombe littéraire, car novateur, puisque les chapitres peuvent se lire de manière désordonnée et non à la suite. Avec son livre de Manuel qui montre son engagement politique, il obtient le prix Médicis étranger. Il obtient la nationalité Française en 1981 et meurt trois ans après. Sa dépouille repose au cimetière de Montparnasse, à Paris.

4)   Alliance Française

L’Alliance Française est un réseau présent dans plus de 130 pays dont le but est de faire rayonner la langue et la culture française dans le monde. Elle donne notamment de nombreux cours de langue, et permet de passer les certifications de niveau internationales. Elle fut créée au XIXe siècle à Paris, par un collège de personnalités dont Louis Pasteur. Il existe 53 alliances réparties dans toute l’Argentine, dénombrant pas moins de 15 851 élèves. La première d’entre-elles fut fondée en 1893 à Buenos Aires et fête donc son 125e anniversaire cette année. D’ailleurs, les publicités dans le métro porteño nous le rappellent bien. L’établissement de Buenos Aires accueille également le siège de la Délégation Générale de la Fondation Alliance Française de Paris en Argentine.  Cette institution accueille également des expos, dont une en ce moment sur la photographie à Paris.

5)   Tango

Danse incontournable du Rio de la Plata, c’est grâce à la haute-société parisienne que le Tango a reçu ses lettres de noblesse. En effet, le Tango provient des quartiers populaires et malfamés de la ville et plusieurs sources indiquent qu’il viendrait des esclaves noirs et métis. On le retrouve donc dans les bordels et dans les bars, ce qui horrifie la bourgeoisie de Buenos Aires. Les jeunes hommes issus de bonnes familles, toujours prêt à s’amuser mais pas forcément dans les clous de leur milieu, découvrent le tango sans pouvoir le pratiquer avec les jeunes filles bien nées. Alors ils le révèlent à la société Parisienne, qui en tombe sous le charme. Les Argentins qui suivent de près les activités de la capitale française s’entichent alors de cette danse autrefois mise au rebut. Merci qui ? Merci Paris !

6)   Gastronomie

La gastronomie argentine est relativement différente de la gastronomie française. Les argentins sont très friands de viande, bien que les végétariens et vegans n’auront pas trop de mal à trouver leur bonheur dans les restaurants de la capitale. Vous serez facilement convié à un asado, barbecue convivial de délicieuses pièces de viande. Outre la viande, les porteños aiment également les pièces sucrées : l’incontournable dulce de leche d’abord ! Vous ne pourrez pas passer à côté de cette confiture de lait, en vente partout. Enfin, ce qui se rapproche le plus de notre cuisine française est sans aucun doute les medialunes, ces petits croissants qui se vendent généralement à la douzaine. Là aussi les argentins fondent pour ces petites viennoiseries ! Attention cependant, il y en a deux types : l’un au manteca (beurre) et l’autre au grasa (saindoux). De plus, vous trouverez facilement certaines de ses pièces fourrées, à la confiture, au dulce de leche, au jambon-fromage…

7)   Aéropostale

On l’oublie souvent, mais l’Argentine est au cœur de l’histoire de l’Aéropostale. Mais si, avec des pilotes d’exception comme Mermoz, Guillaumet ou Saint-Exupéry ! Historiquement, c’est l’industriel français Latécoère qui eut l’idée après la guerre de réutiliser les avions de l’armée pour acheminer le courrier. Son rêve le plus fou étant de rallier la France à l’Amérique du Sud, le courrier passant par bateau. Le bateau mettait un mois à atteindre l’autre côté de l’Atlantique. Il a commencé par étape, en traversant d’abord les Pyrénées avec Toulouse-Barcelone. Puis il s’est rendu à Rabat, avant de réaliser l’exploit (enfin, ses pilotes) de rallier Dakar au Sénégal. Et Buenos Aires dans tout ça ? La technologie aéronautique de l’époque ne permettait pas aux avions de traverser les 10000 km d’océan. Le courrier faisait une étape en bateau, entre la pointe de l’Afrique et la pointe de l’Amérique, soit les deux points les plus proches des continents. Une fois arrivé en Amérique, le courrier reprenait son envol. Plus tard, grâce à Mermoz puis Guillaumet, le courrier parviendra à traverser les Andes de Buenos Aires à Santiago. Saint-Exupéry a vécu à Buenos Aires de 1929 à 1931. Il eut d’abord du mal à apprécier la vie portègne, avant de s’y faire et même de tomber sous le charme d’une jolie veuve qu’il épouse lors de son retour en France en 1931. Il assurait la ligne patagonienne entre Comodoro Rivadavia et Punta Arénas, ce qui lui inspira Vol de Nuit.

Aude pour Argentina-Excepcion

Plus d’infos sur : http://www.argentina-excepcion.com

Merci à Aude pour ce très bel article qui nous donne qu'une envie: 
prendre son billet d'avion pour Buenos Aires. 

Comme vous l’avez remarqué, il s’agit là d’un article invité, (une première pour le blog) rédigé par Aude rédactrice pour l’agence de voyage locale Argentina Excepción. Voir que Paris à sa compatriote en Amérique du sud m’a charmée.

D'autres infos passionnantes ici:

www.argentina-excepcion.com
www.chile-excepcion.com
www.bolivia-excepcion.com
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2 réflexions sur “Buenos Aires ou le Paris d´Amérique du Sud

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