L’église Saint-Louis-en-l’Isle et son clocher ajouré

Pour ce nouveau rendez-vous #EnFranceAussi, je réponds à la requête de la boss du mois Renée du blog Cahier nomade qui choisit le thème Clocher de village.
#EnFranceAussi est ce rendez-vous instauré par Sylvie de Le coin des voyageurs.

Saint-Louis-en-l’Ile et son clocher ajouré

Saint-Louis, un roi, une île, une église

Située sur l’ile Saint-Louis qui préserve son âme de village, l’église Saint-Louis-en-l’Isle est l’une des plus petites paroisses du diocèse de Paris. Elle est depuis sa création intimement liée aux habitants du quartier, ses paroissiens, et dédiée à Louis IX plus communément appelé Saint-Louis.

Saint-Louis venait prier ici sur cette île qui était à l’époque un ensemble de deux « terrains » non habités, l’île aux vaches et l’île Notre Dame où les seules activités étaient assurées par les vaches qui venaient brouter et les blanchisseuses qui y étendaient leur linge.

La paroisse à vu le jour grâce à la demande des habitants du quartier qui n’ont pas hésité a signer une pétition pour réclamer leur propre église paroissiale. Construite en plusieurs étapes, son chantier est une véritable aventure qui commence en 1623 où une première chapelle fut construite. Très vite l’édifice d’origine ne sera plus adapté en terme de taille à la population grandissante de l’île Saint-Louis. Il est donc décidé en 1642 la construction d’une église paroissiale plus importante. C’est l’architecte François le Vau frère de Louis (connu pour avoir été l’un des architectes de Versailles) qui sera nommé. Lui même habitant du quartier et paroissien, il travaillera bénévolement, ce qui n’a pas évité quelques défauts de construction. A son décès en 1676 les travaux se poursuivront non sans mal. Le relais sera pris par Gabriel le Duc architecte du Val de Grâce.

Un clocher ajouré en forme d’obélisque

Alors que son horloge a la particularité d’être installée « suspendue dans le vide » à la façon des enseignes du moyen-âge, son clocher ajouré dit « à la polonaise », prend la forme d’un obélisque dans le but d’éviter la prise aux vents fréquents sur l’île.

L’église Saint-Louis-en-l’Isle a traversé un grand nombre d’épreuves. Les problèmes financiers et les difficultés liées au terrain contribueront au retard considérable des travaux. Il ne faut pas oublier que nous sommes sur une (petite) île. Son sol est capricieux. L’enjeu sera donc de le stabiliser et le renforcer. Il faudra attendre la réalisation des fondations qui mettra vingt ans avant la pose de la première pierre le 1er octobre 1664. Les travaux de la paroisse (bâtie sur pilotis) de l’ile Saint-Louis peuvent enfin commencer mais comme je le mentionne plus haut, l’histoire de sa construction est loin d’être un long fleuve tranquille.

En 1680 le premier clocher, le clocher-lanterne de Gabriel Leduc placé à la croisée du transept pose problème dès son installation. En effet son beffroi était si étroit que les cloches en sonnant commençaient à le fragiliser et risquaient de se briser. Il a été décidé de déposer les cloches en question et de les installer en lieu et place du clocher actuel. Ce clocher que l’on peut admirer encore aujourd’hui a pour autre particularité de ne pas être doté d’abat-son comme tous les autres clochers. C’est sa pierre qui lui sert d’écrin.
En 1701 une tempête détruit la toiture, tuant ainsi de nombreux fidèles. Quarante ans plus tard, c’est la foudre qui détruit le campanile qui s’élevait à la croisée du transept.

C’est en 1765 que le clocher actuel en forme d’obélisque prend place. Haut de trente mètres, et ajouré afin d’éviter la prise au vent. Ce clocher remarquable réalisé avec une pierre de grande qualité et presque unique (un autre clocher de forme similaire se trouve en Bretagne) serait l’œuvre de l’architecte François Antoine Babuty-Desgodets. Durant des années sa réalisation était attribuée à Oudot de Maclaurin. Des recherches ont permis à Léonore Losserand historienne de l’architecture de trouver son véritable architecte, François Antoine Babuty-Desgodets.

Actuellement des travaux de rénovation menés par la mairie de Paris ont pris en charge l’état de délabrement avancé de l’église et de son fameux clocher.

Quelques anecdotes:
Ce sont les gains d’une loterie organisée sur autorisation expresse du roi qui apporteront les fonds nécessaires au financement les travaux.
La façade de l’église Saint-Louis-en-l’Isle serait inachevée.
Les travaux des fondations ont provoqué l’effondrement d’un mur voisin. Ce qui a donné lieu à un procès qui a contribué au retard des travaux.
L’installation de l’horloge façon enseigne permet ainsi de la voir dans cette rue très étroite qui ne permet pas le recul nécessaire pour voir une horloge classique.
En 2008 l’église à perdu son coq. Il est tombé du toit, et n’a jamais été retrouvé. Mais depuis février 2020, il est revenu. Enfin il s’agit d’un nouveau coq créé à l’identique de l’original.

L’ile Saint-Louis est un quartier plein de charme. On y fait vite le tour, aucun monument ne s’y trouvent mais elle sait attirer le visiteur. Il y règne une ambiance particulière. Entre ses quais jonchés de ses beaux hôtels particuliers et son artère principale et commerçante, la balade sur l’île Saint-Louis est bien agréable.

6 réflexions sur “L’église Saint-Louis-en-l’Isle et son clocher ajouré

  1. Merci Sabrina pour ta participation et toutes ces explications très intéressantes. L’île Saint Louis fait partie des coins que j’aime bien à Paris, un peu hors du temps avec des airs de petit village 🙂

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